La dualité de juridiction fait référence à une situation ou coexistent deux ensembles hiérarchisés et autonomes de juridictions tranchant des litiges en appliquant des règles de droit différentes.  Les juridictions judiciaires tranchent les litiges entre les particuliers, et les juridictions administratives règlent les litiges relatifs aux activités administratives.

La raison expliquant que le second type de litiges ne soit pas soumis aux juridictions judiciaires réside dans le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires. Ce principe est issu des lois des 16 et 24 aout 1790 et du décret du 16 Fructidor An III. Ces textes interdisaient aux tribunaux judiciaires de "troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps administratifs" et "de connaitre des actes d'administration de quelque espèce que ce soit". Il faut préciser que ce principe avait déjà été posé par l'Edit de Saint-Germain du 16 février 1641. Les révolutionnaires n'ont donc pas innové en la matière.
Deux types de raisons sont au fondement de ce principe. Le premier est que l'on ne veut pas confier aux tribunaux judiciaires le jugement des activités administratives en raison de l'attitude trop conservatrice des anciens Parlements de l'Ancien Régime. Ces derniers avaient, en effet, empéché les réformes. L'autre raison est que l'on considère que "juger l'Administration, c'est encore administrer". Ainsi, le fait de trancher les litiges entre l'Administration et les particuliers est considéré comme faisant partie de l'action administrative. En d'autres termes, sous l'expression "autorités administratives", l'on range, à la fois, l'action d'administrer et l'action de juger l'Administration. Il faut préciser, qu'à l'époque, la conception de l'Administration est celle d'une Administration toute puissante; elle n'est pas autant soumise au droit qu'aujourd'hui.
Il est possible à présent d'étudier les différentes étapes de l'évolution de la juridiction administrative. Cette évolution commence par l'instauration du système de l'administrateur-juge, puis par la mise en place d'une justice retenue. La fin du 19° siècle voit la consécration de la justice délégueé et la fin de la théorie du ministre-juge.

  • 1° étape : l'instauration du système de l'administrateur-juge
  • 2° étape : le mise en place d'une justice retenue
  • 3° étape : le passage à la justice déléguée
  • 4° étape : l'abandon de la théorie du ministre-juge

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