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I – L'origine du principe général des droits de la défense
Cette origine peut être envisagée d'un double point de vue : il s'agit d'abord du souci de protéger la société Interbrew (A); se pose ensuite la question du processus de création de principe (B).
A – La nécessaire protection de la société Interbrew
L'on retrouve, en l'espèce, les deux raisons classiques expliquant la création des PGD. L'une est d'ordre technique (1), l'autre est d'ordre idéologique (2).
1 - La raison technique : le vide juridique
En créant des PGD, et plus généralement en élaborant de la jurisprudence, le juge souhaite combler un vide juridique. Le Conseil d'Etat ne crée, en effet, de la jurisprudence que dans les cas où le droit écrit ne contient pas de dispositions applicables à un cas d'espèce donné. Les PGD apparaissent, alors, comme l'instrument privilégié utilisé par le juge administratif pour régler une affaire quand le droit écrit fait défaut. C'est à l'occasion d'affaires portant justement sur les droits de la défense que l'existence des PGD a été consacrée. Ainsi, lors de l'épuration à la fin de la seconde guerre mondiale, le juge est vite confronté à l'absence de textes juridiques lui permettant d'encadrer l'action disciplinaire de l'Administration. Il décide, alors, de se doter lui-même des instruments jurisprudentiels lui permettant de soumettre l'Administration au droit. C'est l'acte de naissance des PGD. Ces derniers font d'abord l'objet d'une consécration implicite (CE, sect., 5/05/1944, Dame veuve Trompier-Gravier) avant d'être énoncés explicitement (CE, ass., 26/10/1945, Aramu). Ces deux arrets concernent les droits de la defense. En l'espèce, si le CE a recours à ce PGD, c'est parce qu'il n'existe aucune règle permettant de protéger la société Interbrew. En effet, la décision des deux ministres a un impact négatif sur elle puisqu'elle ne pourra pas acheter les entrepots cédés par la société Heineken. Le problème est que le seul texte en vigueur en la matière ne peut s'appliquer à la société Interbrew. Ainsi, l'article 30 du décret du 29 décembre 1989 concerne bien les droits de la défense, mais ne vise que les parties intéressées à l'opération de concentration. Les entreprises tierces ne sont pas conernées. Si le juge administartif veut, alors, permettre à la société Interbrew de se défendre, il doit, alors, recourir aux PGD. Une autre raison doit aussi etre mentionnée.
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