Les autres docs sur "Les contrats administratifs"

Ouverture d'une recours contre le contrat aux tiers évincés
CE, ass., 16/07/2007, Société Tropic travaux signalisation

Introduction :

Si le recours contre un acte administratif unilatéral est ouverts à toute personne qui a un intérêt à agir, il n'en va pas de même du recours contre un contrat administratif. Dans cette dernière hypothèse, seules les parties au contrat ont le droit d'agir contre cet acte. Les tiers, eux, ne peuvent contester la validité de ce contrat. C'est sur ce dernier point que l'arrêt Société Tropic travaux opère un remarquable revirement de jurisprudence en admettant la possibilité pour les tiers évincés de la conclusion d'un contrat administratif de contester la validité de ce contrat.
Quels sont les faits de l'affaire?
En l'espèce, la Chambre de commerce et d'industrie de Point-à-Pitre lance une procédure d'appel d'offres ouvert pour l'attribution d'un marché à bons de commande d'une durée de trois ans et portant sur le marquage des aires d'avions et chaussées routières de l'aéroport de Point-à-Pitre le Raizet. Malheureusement pour elle, la société Tropic travaux signalisation Guadeloupe voit son offre rejetée le 14 novembre 2005, le marché ayant finalement été attribué à la société Rugoway. La société saisit, alors, le tribunal administratif de Basse-Terre d'une demande d'annulation de la décision de rejet de son offre, de la décision de retenir celle de la société Rugoway, de la décision de passer le marché, ainsi que du marché lui-même. Elle introduit également une demande de suspension des mêmes actes. Mais, cette demande est rejetée par une ordonnance du 2 mars 2006. La société intéressée se pourvoit donc en cassation contre cette ordonnance. Le 16 juillet 200è, le Conseil d'Etat rend son arrête en assemblée.
L'arrêt est remarquable car il met fin à une jurisprudence vieille de plus d'un siècle. Jusqu'à présent, seules les parties au contrat pouvaient demander l'annulation de ce contrat. Cette possibilité n'était pas ouverte aux tiers. Ces derniers ne pouvaient agir que contre les actes qui préparaient le contrat tout en étant détachable. Ces solutions s'expliquent par la volonté de faire sa part à respect de la sécurité juridique des parties aux contrats. Elles n'étaient, cependant, pas satisfaisantes. Ainsi, l'annulation d'un acte détachable avaient des conséquences qu'il était difficile de prévoir. De plus, cette jurisprudence n'était pas en accord avec le droit communautaire. Autant de raisons qui ont poussé le juge administratif à admettre la possibilité pour les concurrents évincés de la conclusion d'un contrat administratif de venir contester la validité de se contrat. Il faut, enfin, signaler qu'afin de ne pas porter une atteinte excessive aux droit des parties ce recours est strictement encadré.
Précisons pour terminer que nous ne nous attarderons pas sur les particularités de cette décision tenant à la date d'application de ce nouveau recours. Ces considérations sont spécifiques et représentent un degré d'analyse qu'il n'y a pas lieu de respecter ici.
Il convient donc d'étudier, dans une première partie, les solutions insatisfaisantes de la jurisprudence relative aux tiers par rapport au contrat (I), puis d'analyser, dans une seconde partie,le nouveau recours contractuel offert aux tiers (II).

Suite

Les autres docs sur "Les contrats administratifs"

Recherche personnalisée
 Droit administratif, Site hébergé par 1and1